Hommage à Jean Vermot, dit Jeannot
Qui aurait pensé que Jeannot puisse partir dans ce silence, tant l’homme était bouillant ?
Qui aurait pu croire que la maladie lui tienne tête, tant l’homme était étonnant ?
Mais tu as perdu ton dernier combat face à une cruelle maladie et je désire retracer un peu de ta vie, dans la ligne de tes paroles et surtout de tes pensées.
Jeannot, tu étais un homme de la nature qui n’avait nul secret pour la chasse, la pêche, les champignons. Tu taquinais aussi avec les butineuses et bien d’autres « spécialités »; mais tu étais surtout connu pour ta vivacité, et, bien entendu tes coups de gueule. Si Bécaud t’avait connu, il aurait rougi, car Monsieur 20 000 volts, c'était bien toi.
Enfant, tu as découvert la braconne avec ton papa qui était douanier, afin que vous puissiez manger, et depuis ce jour-là, tu as baigné dans ce monde de la chasse, une passion qui ne t’a jamais lâché, mais qui t’a aussi causé beaucoup de soucis car, garde-chasse et conservateur de la faune t’avaient collé une étiquette ; hélas, souvent à tort.
Revenons à de belles notes. Ton double en travers du dos, tu sillonnais le myrtillier, la place aux Morilles ou à Combe Noire, où lièvres et chevreuils n’avaient que peu de chance, car tes coups de douze étaient précis. Tu respirais le bonheur quand ta Sybelle donnait de la voix ; et tes récits, dans le refuge de Poêle chaud à midi, n’étaient jamais tristes.
La chasse des noirs, hélas, ne te calmait pas. Pire même, tu étais encore un cran en dessus quand le cintre était fait ; et souvent il y avait autant de bruit après la battue que pendant le ferme, mais nous savions l’homme que tu étais. Fin tireur au passage d’un chemin, un grand nombre de sangliers ont trépassé dans ton point rouge et il me restera à vie des souvenirs encrés de cette chasse que nous avons partagés pendant de longues années.
Que dire des Alpes et du chamois. Ce n’était pas ta chasse préférée, mais tu venais pour la partie ; c’était un régal de t'observer approcher un chamois et, quand tu sortais sur la tête, quelle surprise, le coin était vide, il n’y avait que toi, l’air étonné ; et nos petites moqueries à ton retour étaient un moment magique.
Par ces lignes, mon Jeannot, je ne désire pas refaire ta vie. Mais je veux juste que certaines personnes comprennent l’homme que tu étais. Oui, tu étais bouillonnant, tu étais un gars à la parole franche, mais tu étais aussi un gars incroyable et généreux sur qui on pouvait compter Ta vie ne fut pas un long fleuve tranquille, mais jamais une plainte ne sortait de ta bouche et tes vrais amis se souviendront de l’homme du Rocheray. Tu vas rejoindre Emile, notre encyclopédie du sanglier, et je suis certain que dans vos chasses éternelles, vous aurez toujours un œil sur nous !
Je transmets mes sentiments les plus chers au nom de l’équipe « sanglier » à tes enfants, et plus particulièrement à ta fille qui traverse aussi une étape difficile, à tes petits-enfants et encore à notre ami Zézé, dont nous avons partagé la passion pendant plus de 35 ans. Je ne te dis pas au revoir, mais salut l’artiste.
Un « cochonnier ».
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