Les chasseurs au service de la nature
Voilà plus de 7 ans que la Diana du Pays-d'Enhaut - société de chasseurs - organise chaque année une journée d'entretien de biotope en faveur des tétras-lyre, cet oiseau mythique de nos belles montagnes.
Samedi 25 juillet, 10 chasseurs du Pays-d'Enhaut et d'Yverdon se rendent sur l'alpage de Rodomont-Devant, propriété de la commune de Rougemont. Munis de leurs outils, ils vont essarter une grande surface tout en veillant à conserver les sorbiers des oiseleurs et quelques épicéas qui serviront de refuge hivernal aux oiseaux. Ce travail manuel pénible ne peut pas être mécanisé ; les endroits sont trop en pente et difficiles d'accès.
L'opération consiste à couper à la tronçonneuse les vernes vertes (verraux) qui envahissent les pâturages de montagne et par la-même les endroits où se trouvent myrtilles et rhododendrons, la nourriture favorite et indispensable au petit coqs. Une fois coupées, les vernes sont soigneusement entassées pour être brûlées quelques jours plus tard.
Après ce dur labeur, tout le groupe est reçu comme des rois par René Yersin et sa famille, exploitant de l'alpage de Rodomont-Devant. Les chasseurs y dégustent de mémorables macaronis de chalet et savourent les meringues accompagnées de crème de baquet. Un grand merci à la famille Yersin pour leur accueil et leur gentillesse.
Un retour en arrière
Nos ancêtres avaient défriché les épaisses forêts de la vallée afin de créer les pâturages de nos contrées et avaient ainsi modelé le paysage typique du Pays-d'Enhaut. Cette mosaïque de prés, forêts et pâturages produisant une herbe d'excellente qualité donne au fromage de l'Etivaz son bon goût et sa saveur inimitable.
Si les paysages de notre vallée sont tellement beaux et plaisent tant à nos hôtes, n'oublions pas que c'est grâce à nos ancêtres qui ont colonisé la région, aux agriculteurs qui entretiennent et exploitent les prairies et pâturages, aux bûcherons et forestiers qui soignent les forêts et exploitent le bois nécessaire à la construction des superbes chalets de nos villages.
La gestion de la faune aujourd’hui
La gestion de la faune de nos montagnes est gérée scientifiquement ; un suivi des populations d'animaux est effectué par des professionnels, des comptages ont lieu chaque printemps. La santé des animaux sauvages est observée afin de garantir la stabilité des populations.
Les chasseurs apportent leur modeste contribution à l'entretien de ce patrimoine et à l'amélioration de la biodiversité, car le chasseur d'aujourd'hui est un gestionnaire de la faune de nos montagnes. Il l’a connaît bien, car il parcourt souvent la montagne pour observer les animaux et la nature. Si l'on veut voir des animaux, le chasseur est un guide ou un conseiller apprécié.
La chasse fait partie des mesures de gestion de la faune ; jamais la chasse ne mettra en péril des populations d'animaux, car les prélèvements sont adaptés en fonction de l'accroissement ou de la diminution du nombre d'animaux recensés.
Le tétras-lyre, cet oiseau mythique
Le tétras-lyre ou petit coq est l'une des espèces d'oiseaux les plus emblématiques de nos montagnes. Le coq porte un plumage majoritairement noir avec des reflets brillants et de petites marques blanches sur les ailes. Dans de nombreux documentaires sur la nature, les tétras lyres et leurs parades impressionnantes jouent le rôle principal. Le coq et la poule ne vivent pas en couple. Au printemps, les coqs se rassemblent sur des arènes pouvant compter jusqu'à 12 mâles. Ils y exposent leur force et essaient d'impressionner les femelles. Chacune de celles-ci choisit le coq qu'elle juge le meilleur en tant que géniteur. Il aura le droit de la féconder. Ensuite, elle s'occupe seule de la couvée de 3 à 10 œufs qu’elle pond à même le sol dans un amas de brindilles. Elle est alors très vulnérable. La prédation par l’aigle, l’autour, le renard ainsi que la météo jouent un rôle important pour la survie des poussins qui naissent 26 jours après la ponte.
Pour La Diana du Pays-d'Enhaut :
Christophe Rémy
Garde forestier et chasseur
079 448 53 89
|