Une table pas comme les autres
Lundi 29 juin dernier, la sonnerie de ma porte d’entée me tire de mes rêveries. Je vais répondre et me trouve en présence de Jean-Robert Weber, président de la Diana de Grandcour. Il vient m’annoncer fièrement qu’il me convie à l’inauguration d’une table faite par les membres de leur section et que cette manifestation aura lieu le lendemain, dans les bois de Grandcour. Très honoré de cette faveur et en petit journaliste amateur que je suis, vers 18h45, je me pointe à l’endroit indiqué, muni de mon appareil-photo, de quoi écrire et en chasseur averti de ma petite bouteille d’anti-moustique.

Je pensais qu’il y aurait une brève partie officielle, laquelle serait suivie d’une verrée tout aussi brève. Vous allez constater que je m’étais trompé sur toute la ligne. Quelques membres avaient décidé de marquer dignement cet instant. Donc, après avoir laissé ma voiture en bord de route, je parcours une cinquantaine de mètres dans le bois et je suis accueilli par Jean-Robert, son frère Maurice, le secrétaire de la section Johan, du caissier « Pomyl » et de Loulou. Visiblement, ils sont fiers et heureux de leur travail. Chacun a le visage illuminé du sourire de la satisfaction et se délecte de l’instant présent. Petit à petit les invités arrivent. Il est 19h00, lorsque au loin retenti une sonnerie de trompe. Une fois de plus, dans cette nature silencieuse, ce timbre si caractéristique nous prend les tripes et nous fait redécouvrir la quiétude de Dame nature.
Peu après, nos musiciens arrivent sur place. Ils sont quatre. Je m’avance et je tends la main à chacun. L’un ne réagit pas. C’est seulement à ce moment que je m’aperçois qu’il est aveugle. Il est aidé par ses trois camarades pour se déplacer. Mais au moment où il sonne de sa trompe, il n’a besoin de plus personne. Belle leçon de vie. Toi, l’ami qui ne peut plus voir, tu sais encore entendre. Dommage que beaucoup de personnes qui peuvent voir, peuvent mais ne savent plus entendre.
La soirée se poursuit avec de superbes productions de nos musiciens et par un apéritif où les commentaires et les plaisanteries vont bon train. L’assemblée s’est étoffée et nous pouvons notamment remarquer la présence de Mme Jacqueline Rostan, députée, MM. Mayor et Liechti, municipaux de Grandcour. Nos deux anciens présidents du comité cantonal, Olivier Rostan et Francis Diserens, et Serge Marmy, président de la Diana fribourgeoise de la Broye.
Maintenant, juste quelques mots pour vous décrire l’endroit ; mais je serai très bref, car les photos seront beaucoup plus explicites que moi. Dans une forêt de sapin, nos chasseurs ont mis une table qui peut facilement accueillir une douzaine de personnes et est recouverte d’un toit. Toute l’armature est en bois et je peux vous dire que cet édifice cadre magnifiquement avec l’endroit. Vous ne pouvez y passer sans vous y arrêter. Jean-Robert ouvre la partie officielle, souhaite la bienvenue à chacun et donne la genèse de cette table. Il précise que celle-ci a été mise à l’intention de toutes les personnes de passage, qu’elle sera un lieu de rendez-vous pour les chasseurs et que cet endroit a été créé dans un but de convivialité. M. Liechti, nous transmet les salutations des autorités et remercie la Diana de Grandcour pour le superbe travail accompli.
Peu après nos chasseurs se convertissent en cuisiniers. « Pomyl » a fait une marmitée de choux et Jean-Robert le jambon. J’avais bien vu en arrivant des cocottes et senti une odeur enchanteresse, mais de là à penser à un repas gastronomique ! Il est vrai qu’il peut paraître bizarre d’inaugurer une table ! Mais, réflexion faite, ne doit-on pas admettre que la table est l’un des centres de notre vie. Tous les jours, nous nous mettons à table pour y manger, nous y recevons nos amis, nous nous mettons autour d’une table pour dialoguer, pour négocier, ne dit-on même pas que le délinquant se met à table ? Ne dit-on pas non plus que celui qui est en désaccord quitte la table de négociations. Jean-Robert, je suis certain que ton équipe a mis en place, comme à l’Eglise, la table de la communion et si je l’ai quittée, c’était uniquement parce qu’il se faisait tard. Un grand merci pour cette magnifique rencontre et un grand bravo pour ce superbe cadeau à la collectivité.
AC
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