Vaud 2008

L’écologie appliquée par des « spécialistes »

A l’heure où tous les jours, ou presque, la presse se fait l’écho du réchauffement de la planète, de la pollution due aux véhicules, quelle surprise pour les vaudois à la lecture du plan de tir 2008-2009.
Le tir du chevreuil est à nouveau limité à une unité par chasseur dans les Alpes et dans le Jura. Pour les Alpes, passe, mais pour le Jura, c’est beaucoup plus discutable. Si vraiment le Risoux est « sinistré » par la surpopulation de lynx et qu’il faut limiter le tir pour que ces félidés aient assez à manger, pourquoi ne pas délimiter cette zone par la route cantonale du pied du Risoux au lieu d’englober tout le Jura ? On n’a jamais vu des baigneurs autour d’une piscine vide ; les chasseurs avides de tirer leurs 2 ou 3 chevreuils vont déjà éviter des forêts peu garnies de cervidés. Laissez les autres rester dans leurs coins favoris et évitez une concentration.
Là, j’en arrive à l’écologie. Est-ce que les responsables ont pensé au nombre de chasseurs qui devront se déplacer et par là brûler du carburant pour traverser la moitié du canton afin d’arriver dans les secteurs sans restriction de cota ? En plus, les chasseurs venant d’autres régions, comme déjà dit, vont empiéter sur le terrain habituellement occupé par les gens de la contrée. Il y a concentration, dérangement, et ceux pour qui la chasse est un délassement auront leur plaisir gâché ; ce ne sera plus la belle chasse tranquille, mais la foire. En plus, vis-à-vis du public, l’éthique en prend un coup.
Que les sectaires des associations écologiques laissent faire, même à la consultative, ça ne m’étonne pas, car tout est bon pour peser sur la tête des chasseurs ; même de suivre les forestiers pour augmenter le nombre de chevreuils à tirer. Quand il n’y en aura plus assez, on pourra interdire la chasse... but recherché depuis l’introduction du lynx.
Quant aux forestiers, ils feraient mieux de laisser une forêt attrayante après leur passage plutôt que dans un état lamentable dans beaucoup de régions. Sans parler des dégâts de débardage ; arbres écorchés au passage, ornières de tracteurs assez profondes pour rendre les chemins impraticables pour des véhicules normaux. En plus, combien de feux de pique-nique de ces derniers sont ornés de bouteilles vides (quand elles n’ont pas été tout simplement jetées dans le feu), de boîtes de conserves et autres détritus ; faites comme on dit mais pas comme on fait. Les dégâts à la forêt dus au gibier sont certainement beaucoup moins importants que les leurs.

C. Piotet