Hommage à Jean Emery
Celui qui symbolisait l’abnégation, la discrétion, le courage, l’amitié, la jovialité n’est plus. Eh oui ! Tant de qualificatifs à l’imparfait pour annoncer que Jean nous a quittés, en ce vendredi 3 août, sur la pointe des pieds, en silence, dans l’endurance de sa funeste et pernicieuse maladie.
Il a toujours su apprécier la valeur des choses dans les différents domaines qui l’occupaient. Il a vécu et transmis une manière de vivre qui force le plaisir et l’admiration, imprégnée de ces sentiments qui lui ont valu en retour une considération humaine rarement égalée, mais largement méritée, digne des personnes les plus aimées de ce monde. Que ce soit dans l’univers du travail ou dans celui de la chasse, grâce auquel il a parcouru autant de kilomètres que les meilleurs sportifs de notre temps, toutefois sans dopage ni médailles, rien ne l’arrêtait dans l’effort, car la nature le captivait en permanence. Ne voulait-il pas nous transmettre ce message bien connu : « quand on aime, on ne compte pas » ?
En effet, Dame nature lui a livré beaucoup de secrets. Il la respectait et l’observait jusque dans ses profondes entrailles. Les Plannys et le domaine Burrus, le fond des vallées d’Anniviers et d’Hérens, ainsi que tant d’autres postes de chasse ont dû bien s’ennuyer de le savoir affaibli, chancelant, puis aujourd’hui éteint à tout jamais. Et la Diana de Sierre, ses compagnons de chasse, déjà en nombre disparus, mais aussi ceux encore en vie aujourd’hui, n’ont-ils pas perdu l’un des leurs qui n’a fait qu’en rajouter au plaisir de la chasse.
Autrefois, toujours accompagné de son chien de chasse, - aux qualités cynégétiques largement reconnues, voire parfois enviées - il parcourait vaillamment champs et bois, sans embarras ni lassitude. Aujourd’hui, il s’achemine tout seul vers les chasses éternelles, dans l’espérance indéfectible de rencontrer tous ses anciens amis trop tôt disparus.
Amis chasseurs, nous perdons aujourd’hui quelqu’un de grand cœur, un dispensateur sans mesure d’un exemple à suivre.
Aussi, Jean, des nuages éternels, pense à nous comme tu l’as fait durant toute ta vie envers ceux que tu aimais, et avec tes nombreux amis de Là-Haut, attends-nous patiemment dans la plénitude d’un monde meilleur.
En Saint-Hubert, au revoir, Jean.
Victor Lamon
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