Chasseurs et Autorités remettent les pendules à l’heure en Valais Les aiguilles tournent à nouveau dans le même sens. Même si certains estiment que le mouvement devient trop rapide alors que d’autres voudraient l’accélérer davantage, le fonctionnement de la concertation s’est remis en marche pour aboutir à des solutions que chacune des parties peut accepter. Cet esprit présent tout au long des débats a prévalu et finalement une certaine satisfaction d’ensemble se lisait sur les visages à l’issue de l’assemblée générale des délégués de la Fédération valaisanne des sociétés de chasse en ce samedi 28 avril 2007.
Réunis à Sierre, ville frontière linguistique et géographique entre le Haut et le Bas Valais, ville d’ouverture comme l’invoque son président Manfred Stucky, les 88 délégués ont été conditionnés dès l’ouverture de l’assemblée par la verve oratoire du major du jour, Pépé de Chastonay, qui eut pour effet de poser une ambiance sereine et conviviale.
Pépé de Chastonay (à gauche) met en jambes le président Papilloud.
La marche générale de la fédération ne soulève aucune remarque particulière si ce n’est le constat d’une bonne gestion et d’une saine situation qui permet d’envisager des objectifs nouveaux, notamment pour l’amélioration de l’image de marque du chasseur ou de certains investissements en direction de la jeunesse.
Dans son rapport attendu, le président Raphaël Papilloud constate avec bonheur que le dialogue a pu être renoué entre les diverses parties. Après les mécontentements, pétition, incompréhension et sentiments de trahison qui ont émaillé la vie des chasseurs à la suite des dispositions de l’arrêté quinquennal 2006 – 2010, les préoccupations du nouveau comité cantonal se sont concentrées sur la remise en route de la machine afin de retrouver des relations permettant de travailler à nouveau dans un esprit constructif et positif.
Les chasseurs ont montré une nouvelle fois leur grande faculté d’adaptation, mais surtout leur sens des responsabilités pour parvenir à réaliser, malgré quelques nouveautés parfois tatillonnes, les objectifs fixés au niveau du plan de tir de chaque espèces. Quelques points restent cependant à améliorer, notamment celui du tir de la chevrette à balle qui doit être encouragé afin d’atteindre le sex-ratio prôné par le service cantonal, celui de la chasse aux sangliers dont l’effectif, du moins en ce qui concerne le tir, ne répond plus aux souhaits et celui du prélèvement du renard, indispensable pour le développement du petit gibier.
Le président Papilloud relève cependant qu’il s’agit là de soucis mineurs en comparaison de ceux causés par la situation des grands prédateurs dont la présence en Suisse, et particulièrement en Valais, pose de réels problèmes. La Fédération apporte son soutien au Conseil d’Etat qui maintient sa position unanime en affirmant que le Valais ne veut pas du loup. La Fédération rejoint également les avis de ChasseSuisse qui demande d’obtenir une étude sérieuse sur la place et l’impact du loup en Suisse ainsi que la nécessité de garantir le but de la loi fédérale qui veut la gestion équilibrée du gibier par la chasse. Le retour de grands prédateurs surprotégés, dans un espace naturel fractionné insuffisant à leur développement, ne pourra à court terme que détruire cette belle faune que l’on a mis si longtemps à constituer.
Pour le président, il est impératif que n’importe quelle espèce soit régulée et les prédateurs n’y échapperont pas pour confirmer la maxime « Pas de prédateur sans prédateurs ».
La Fédération prévoit la création d’une commission de travail interne sur les grands prédateurs.
Alain Rossier apporte le message de Diana Suisse.
La Fédération valaisanne des sociétés de chasse se soucie également des discussions en cours concernant les structures de ChasseSuisse en craignant que l’adhésion directe des cantons à cette organisation faîtière mette à mal la voix des minorités. Seul le maintien des associations régionales est garant de la conservation des diverses sensibilités.
Enfin, Raphaël Papilloud souligne l’esprit positif des présidents de Diana qui ont joué le jeu et fait en sorte que le consensus a pu être trouvé pour la majeure partie des propositions relatives au prochain avenant. Ainsi, les délégués ont pu entériner à une quasi-unanimité, seules trois abstentions s’étant manifestées, le nouveau régime concernant la circulation au moyen d’un véhicule pour la prochaine chasse. La liberté de déplacement entre 11.30 heures et 14.30 heures, le droit de circuler le mercredi et samedi après-midi ainsi que l’utilisation autorisée des routes dès 17.00 heures pour la chasse au permis B ont été approuvés. Nul doute que la commission consultative de la chasse saura donner suite aux vœux des chasseurs qui ont bâti ces propositions après consultation de la base et en toute transparence avec le service cantonal de la chasse.
En ce qui concerne le plan de tir des diverses espèces, un délai d’une année supplémentaire a été accordé avant de décider si des retouches sont nécessaires. Pour ce qui est du sanglier, la diminution constante des tirs pose la question de la valeur du système actuel. Afin de ne pas tomber dans la précipitation, les délégués ont suivi l’option du comité cantonal qui veut se donner le temps de la réflexion par le biais d’un groupe de travail chargé d’étudier un concept qui pourrait entrer en fonction en 2008. Toutes les pistes seront explorées y compris celle soulevée par la Diana de Martigny qui souhaitait déjà cette année l’installation de réserves propres à favoriser l’augmentation de la population de sangliers.
Marco Giacometti convaincant.
Le Conseiller d’Etat Jean-René Fournier, chargé du Département de la chasse, s’inspire du président Kennedy et incite le chasseur à se poser la question de savoir ce que chacun peut faire pour la chasse au lieu d’attendre ce que la chasse peut faire pour le chasseur.
En ces temps de dangers causés par la problématique des grands prédateurs, le chasseur doit s’attendre à devenir la cible privilégiée des promoteurs du loup. Il est donc plus indispensable que jamais d’unir les forces derrière le Conseil d’Etat qui s’oppose in corpore aux mesures actives de réinsertion de ce prédateur. La ténacité des organismes écologistes nécessitera une position ferme et unitaire des personnes touchées par la présence du loup. Les ongulés doivent se maintenir et les prédateurs devront être gérés afin que la faune ait un autre avenir que celui de servir de nourriture au lynx et au loup.
La chasse relève d’un devoir d’Etat qui en a confié la mission aux chasseurs. C’est pourquoi, la consultation de la Fédération doit être garantie et les arguments fondés entendus. L’amélioration des contacts avec les médias pour une meilleure information sur les efforts de protection du gibier dans les zones sensibles par les chasseurs constitue un défi qu’il faudra relever pour une promotion de la chasse libre, belle et indispensable.
Cette nécessité d’ouverture est également soulignée par Alain Rossier, représentant du comité de Diana Suisse. La formation et l’information sont des sujets qui retiennent particulièrement l’attention de Diana Suisse. Il en est de même des prédateurs pour lesquels Diana Suisse s’implique activement dans la commission de travail interne de ChasseSuisse. Alain Rossier ajoute que Diana Suisse entend rester une pleine entité dans les structures actuelles de ChasseSuisse afin de continuer à défendre toutes les chasses.
Des mots que le secrétaire de ChasseSuisse Marco Giacometti peut reprendre à son compte en affirmant que l’organisation faîtière reste très attentive aux problèmes et aux sensibilités de la partie latine de notre pays. Dans cet esprit, il se réjouit de retrouver en terre romande l’ensemble des chasseurs suisses le 16 juin 2007 à Château-d’Oex pour fêter le 125e anniversaire de la première association suisse de chasseurs. Marco Giacometti assure que ChasseSuisse s’occupe très sérieusement de la question des grands prédateurs comme de tous les problèmes de dimension nationale. Il souligne l’importance des contacts avec les hommes politiques et remercie les parlementaires fédéraux chasseurs, notamment les valaisans Simon Epiney, Stéphane Rossini et Christophe Darbellay, tout en espérant que les candidats émanant du monde de la chasse soient de futurs élus nous apportant totalement leur soutien.
« Harry » du haut de son assise a certainement apprécié cette assemblée, car il a pu observer, non seulement le retour du consensus, mais également les identités de vues entre les divers partenaires sur les options stratégiques qui vont occuper chasseurs et autorités au cours de ces prochains mois. Elles concernent prioritairement les grands dangers qui menacent la partie de la faune pour laquelle les chasseurs ont réalisé tant d’efforts pour en faire la plus belle loin à la ronde, mais que jalousent certains au point de souhaiter la détruire. Le loup n’est pas seulement celui qui s’aventure dans la bergerie.
Chasie
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