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Hommage à Willy Bendit
1940-2019

IFPF

Le printemps touche à sa fin lorsque l’« introït » sonné par les Trompes St-Hubert de Delémont retentit dans la petite église de Rebeuvelier : Willy Bendit n’est plus.

Mais vouloir évoquer ici de manière exhaustive toute la vie de Willy est une gageure que je renonce à prolonger ! Très simplement, je me contente d’évoquer ce qu’il a été et les moments que nous avons vécus ensemble.

Né en 1940 à Rebeuvelier, il fréquente d’abord l’école primaire de ce village qu’il ne quittera pratiquement jamais, puis l’école secondaire de Courrendlin, avant d’entamer un apprentissage d’employé de commerce au garage du Ticle à Delémont. Une formation qui le prédestine à la fonction de secrétaire-caissier du club local de football récemment créé en 1955.

Nos vies se croisent au début des années soixante : arrivée de mon ami André Mottaz comme entraîneur du FC Rebeuvelier et terme pour moi d’une période d’enseignement ; j’avais remplacé Georges Rueflin, instituteur retraité, à la tête de la classe supérieure du village. Comme beaucoup de personnes à l’époque, Willy et moi sommes séduits par son respect de la nature, son éthique de la chasse, sa passion pour la chasse au chien courant et la recherche des premières morilles, ainsi que sa connaissance des champignons. Une passion et une connaissance partagées par Willy qui n’hésite pas à partir, dès potron-minet, pour aller cueillir des morilles dans le Raimeux, sa montagne préférée, et n’en revenir qu’en fin d’après-midi avec une bonne cinquantaine d’exemplaires.

Et c’est tout naturellement que nous passons les examens pour chasseur, en 1964. Le début d’une passion qui perdurera pendant un demi-siècle ! Si nos groupes sont différents, nos secteurs de chasse sont les mêmes : Montchemin, Rosé, Moton, Raimeux, … Mais, en 1979, lors de l’entrée en souveraineté du canton du Jura, les choses changent pour Willy. Son groupe se scinde en Jurassiens et Bernois, et est contraint de chasser le long de la frontière : Schönenberg, Raimeux, Montagne de Moutier, …

Comme beaucoup de chasseurs, Willy connaît plusieurs groupes. Ceux-ci se font et se défont, souvent pour des raisons relevant de l’âge, de la maladie, d’un décès, voire du nombre de chasseurs appartenant au groupe. C’est ainsi qu’il y a peu de temps encore, Willy a chassé avec moi pendant quelques années.

Mais la vie de Willy n’a pas été faite que de chasse !

Dès son apprentissage terminé, il travaille au service des achats chez Bechler à Moutier. Une situation qui suscite chez lui l’idée de créer sa propre entreprise. En 1966, il unit sa destinée à Mireille Leuenberger et, en 1967, il crée la société WIBEMO S.A. à Moutier (Willy Bendit Moutier), une entreprise qui compte une seule employée, sa femme !

Sous l’impulsion de son patron Willy, la société – aujourd’hui installée à Rebeuvelier – connaît un bel essor et compte actuellement plus de 30 collaborateurs. Elle est connue et reconnue dans une grande partie du monde.

Dans le même temps, la famille s’agrandit et les parents Bendit ont la joie d’accueillir successivement Nadine, Thierry – un chasseur ! – et Jean-Luc. Willy a également eu l’immense plaisir de connaître 5 petits-enfants, tous des garçons qu’il chérissait tant. Parions qu’au moins l’un d’entre eux sera chasseur : « bon sang ne saurait mentir ! »

Pendant longtemps, alors qu’il était au bénéfice d’une santé solide, Willy a arpenté ses territoires de chasse préférés : Val Terbi, Raimeux, Montaigu, Grande Schönenberg, mais aussi le Mittelland bernois, et pour finir la Vallée et et l’Ajoie. Mais si marcher en forêt devint peu à peu problématique à l’âge de la retraite, Willy ne renonça pas à sa passion de la chasse, aidé en cela par son fils et son groupe de chasse.

Les chasseurs de la Diana de Delémont et les membres du groupe Nord-Ouest Suisse du Club Suisse du Chien Courant perdent aujourd’hui en Willy Bendit un membre fidèle. Son amitié cynégétique cynologique exemplaire, il s’appliqua à la partager avec tous les chasseurs lors des assemblées, des épreuves de chasse ou encore en toute simplicité pendant la chasse.

Que ceux qui l’ont connu et qui lui étaient attachés s’appliquent à faire vivre son souvenir, un souvenir qui nous invite à oublier nos limites ou nos erreurs. La condition pour nous permettre de nous ressourcer et de nous épanouir dans la nature.

Jean-Pierre Boegli