Information… désinformation !
Tout le monde sait que le canton de Genève a fermé la chasse démocratique le 19 mai 1974 et que la gestion de la faune a subi différentes situations depuis lors. Lièvres, faisans et perdrix colonisaient encore presque tous les secteurs du canton, mais les sangliers commençaient seulement à s’attaquer aux cultures. Les milieux protectionnistes criaient victoire en savourant l’interdiction de chasser, mais surtout, ils étaient très heureux qu’aucun contribuable genevois et chasseur ne puisse exercer son activité favorite sur la République et Canton de Genève. Ils n’imaginaient toutefois pas que les lièvres allaient être tirés par des agents du Service, en regard des dégâts qu’ils allaient commettre dans les cultures. Ils n’imaginaient pas non plus que les mêmes délégués du Service devraient abattre quelque 300 sangliers par année pour que l’Etat n’ait pas à verser trop d’indemnités aux cultivateurs lésés par les cochons sauvages. Très accaparés par ces questions économiques, on a complètement occulté que l’existence du petit gibier, reliquat des efforts de repeuplement des chasseurs extradés, allait être vite mise en danger. Pour tous ceux qui connaissent le faisan, il va de soi que cette espèce ne survit que si des lâchers réguliers sont opérés avec des oiseaux les plus sauvages possibles. Pour assurer cette survie, il faut encore bien veiller à ce que les prédateurs soient limités, afin que la reproduction soit protégée. Ces nécessités prévalent également pour les perdrix, oiseaux de plaine par excellence, dont la présence atteste d’un environnement naturel de premier ordre.
De trois cents à presque zéro
La Champagne genevoise abritait quelque trois cents perdrix dans les années 1984-1985, alors qu’en l’an 2000, on n’en comptait plus que deux à trois couples. Pour ne pas perdre définitivement l’espèce, le DNP a organisé un repeuplement dès 2002. Pour rappel, des perdrix de Picardie et de Pologne ont été relâchées à grands frais, pour profiter des bandes abris mises en place depuis plusieurs années. Par exemple, 60 oiseaux sont lâchés en hiver 2003-2004 et l’on compte environ 75 individus à fin novembre 2004. Le 30% des oiseaux sont munis d’un émetteur pour faciliter le suivi de la population. En novembre 2007, après trois lâchers d’oiseaux picards et polonais, on ne que compte 25 individus, bien que l’on ne connaît pas véritablement la population existante. Une fois de plus, ça m’énerve lorsque je lis dans « Connaissance de la chasse » no 379, novembre 2007 : « Des grises picardes en Suisse. A la demande du Service de la faune de Genève, 65 perdrix grises du canton du Vimeu-Maritime (Somme) ont fait l’objet de reprises au cours de ces dernières années afin de tenter leur implantation en Suisse et plus exactement sur le canton de Genève où la chasse est interdite depuis plus d’un quart de siècle. Avant l’introduction des oiseaux originaires de France, un seul et unique couple était encore recensé. Veillée comme le lait sur le feu par les gardes faune professionnels, la population immigrante a aujourd’hui atteint le seuil des 200 individus. Cette expérience, à la fois probante et insolite, montre l’énorme faculté d’adaptation de ces oiseaux nés près de la mer et capables de s’adapter aux territoires montagneux des Alpes » !
Surprise
« Genève, territoire montagneux des Alpes, où les perdrix picardes croissent et se multiplient si bien » ! Mon information est sûre, il y a, jusqu’à preuve du contraire, 25 perdreaux recensés sur les lieux de lâcher. Où sont passés les 175 autres annoncés par la presse cynégétique française ?
Alain Rossier
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