Genève 2007

La faune et l’homme : « Pas l’une sans l’autre » !

S’il est vrai que la nature fait bien les choses, dès l’instant où l’homme s’imbrique dans le milieu de la faune et de la flore, son rôle prend rapidement de l’importance. Certes, ce rôle n’a pas toujours été bien joué, dans le sens où il a très négativement pesé sur le bon développement de certaines espèces. De trop fortes prédations, des destructions de biotopes et une mauvaise gestion ont contribué à des diminutions graves du cheptel, voire à des disparitions. Supprimer la prédation humaine, c'est-à-dire la chasse, peut effectivement être une bonne chose, mais cela implique malgré tout des actes de régulation nécessaires à la protection des cultures et au maintien de l’équilibre.

Sangliers

Après six ans de gestion et de fortes régulations, la situation est encore loin d’être idéale. Malgré des tirs intensifs, 268 bêtes en moyenne annuelle, la densité des sangliers est encore bien forte et cela se retrouve dans les sommes de dégâts que l’on peut constater dans les cultures. On voudrait ne compter que 3 à 4 sangliers au km2 et ce n’est pas le cas actuellement. La proximité de la réserve de l’Etournelle en est fortement responsable. C’est un réservoir permanent où les animaux vivent en toute tranquillité la journée, alors qu’ils ont sillonné la campagne toute la nuit à la recherche de nourriture. Toutes les mesures de prévention sont intéressantes, mais elles ne semblent pas suffisantes. Une nouvelle situation préoccupe beaucoup le DNP, celle de la suppression du mandat confié à un privé qui avait la responsabilité de la mise en place des clôtures électriques, de leur entretien et de leur surveillance. Ces actions s’étaient révélées très efficaces jusque-là.

Lièvres

La densité des animaux sur la région Arve-Lac est toujours aussi forte et les dégâts ont à nouveau été importants. On estime la population à près de 1000 lièvres, ce qui représente une densité de 50 animaux aux 100 hectares. L’estimation des dégâts avoisine 80 000 francs, qui portent sur 78 cas dans des cultures de tournesols. Les reprises de lièvres de l’an dernier n’ont véritablement pas suffi pour la protection des cultures. Déjà cet automne, 3 « minis » battues ont permis la capture de 28 lièvres. Bien des personnes sont d’avis qu’il faudrait intensifier ces actions, plutôt que d’envisager des éliminations. Le DNP a prévu un arrêté administratif pour opérer une régulation dès la fin de l’hiver. Pourquoi les cantons romands ne s’intéressent-ils pas plus à cette espèce qui fait nettement défaut sur notre territoire ?

Perdrix

Après les lâchers des années 2003, 2004 et 2005, des perdrix nichent chaque été sur la Champagne genevoise et en frontière française. Un appel aux chasseurs a été lancé par le DNP et la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie : « Dans le cadre de la collaboration transfrontalière pour la gestion de la faune, (cette dernière) soutient ce projet et sollicite votre participation indispensable. Vous pouvez contribuer au retour de l’espèce par quelques règles simples :
  • Ne tirez pas les perdrix dans la zone frontalière avec la Suisse. Les effectifs sont encore trop faibles pour être exploités.
  • Si vous tirez ou trouvez une perdrix baguée, transmettez la bague avec les informations à votre responsable d’ACCA.
  • Toute observation de perdrix sauvages dans la région hors période de chasse est précieuse. Informez votre responsable d’ACCA ou directement le Domaine Nature et Paysage, Rue de Battoirs 7, CH-1225 Genève, Suisse, tél.+41 22 388 55 00.
  • Des mesures d’amélioration des milieux et de contrôle de la prédation (renards, chats harets) dans les secteurs favorables de la zone frontalière sont bienvenues. Contactez votre responsable d’ACCA ou directement la Fédération des chasseurs de Haute Savoie.

Cette dernière recommandation est très intéressante, mais je ne comprends absolument pas pourquoi la régulation des prédateurs de la perdrix n’a pratiquement jamais été opérée régulièrement sur les lieux de lâchers !

Alain Rossier