Jura bernois 2007

Remise des certificats aux nouveaux chasseurs bernois

Le 12 mai dernier, le château de Landshut, musée suisse de la chasse, a connu une manifestation inédite. Pour la première fois, la remise des certificats de réussite des examens aux nouveaux chasseurs bernois s’y est tenue. Le souhait de la commission des examens d’officialiser la chose et de lui donner un aspect plus solennel a ainsi été concrétisé. Il s’agissait de montrer aux intéressés d’abord, aux parents et amis ensuite et aux médias enfin que l’accès à la chasse revêt une importance certaine, suite notamment à une formation exigeante. Le chasseur détient des responsabilités souvent insoupçonnées qu’il s’agit de présenter afin que tout un chacun sache mieux quel rôle important il est appelé à jouer. Pour la partie francophone du canton de Berne, six personnes s’étaient présentées aux examens et la réussite fut totale. Elles ont ainsi récolté le fruit de leur sérieuse préparation. Il reste à leur souhaiter de fortes émotions pour l’automne prochain.

Henri Baumgartner s’est adressé en ces termes aux candidats-chasseurs

Chers nouveaux collègues chasseurs,
Il y a deux semaines, vous avez vécu des émotions fortes derrière votre carabine, il s’agissait de ne pas manquer la cible afin d’accéder au succès vous permettant d’entrer dans le monde de la chasse active. Bientôt, vos émotions seront mises à bien plus forte contribution lorsque vous aurez dans votre lunette de tir ou votre ligne de visée la bête que la nature vous aura offerte. Et quand vous vous pencherez pour la première fois sur cet animal auquel vous avez enlevé la vie, pensez à cet acte grave qui vient de s’accomplir en ayant quelques secondes de recueillement. Même si la chasse n’est pas une religion, la communion avec la nature qu’elle nous procure et le fait de pouvoir y prélever certains de ses trésors doit nous inciter au respect, à une éthique élémentaire et à une conduite responsable, où la médiocrité n’a pas sa place. Ceci est valable aussi bien lorsque vous êtes seul et donc face à vous-même uniquement que lorsque vous êtes en groupe et observable par d’autres. Il s’agit alors de savoir partager ses émotions et de transmettre une image correspondant à celle qu’on vous a enseignée. Elle devra faire de vous un Nemrod de qualité, d’agréable compagnie et passionné davantage par la nature et ses multiples facettes que par simplement un tableau de chasse… ce qui ne veut pas dire que l’on n’a pas le droit à quelque fierté face au succès.
Il y a encore un autre aspect du monde de la chasse que j’aimerais partager avec vous. Pour vous qui débutez et êtes jeunes dans votre vie ou du moins dans la chasse, n’attendez pas que sa défense et sa promotion se fasse par les autres, en restant spectateurs, passifs, ou pire critiques. Nous avons dans notre milieu un défaut de taille qu’il nous faudrait surmonter : c’est que nous ne prenons pas suffisamment possession du contexte cynégétique. Et lorsque nous le faisons, c’est de façon maladroite, en multipliant les idées souvent contradictoires, parfois influencées par notre intérêt personnel. La chasse est à nous, et ça ne sert à rien de déplorer le fait que toujours plus de milieux étrangers s’en mêlent ; à nous de démontrer que nous sommes les spécialistes et qu’on n’a pas de leçons à recevoir. Même s’il est évident que nous devons collaborer, nous manquons hélas de force pour faire comprendre à ceux qui cherchent à nous imposer leurs vues que la chasse, dans son ensemble, c’est d’abord nous qui devons la composer, la réaliser, puisque c’est nous qui la vivons. Si bien que nous avons impérativement besoin des forces nouvelles pour nous apporter des idées jeunes, modernes et aussi protectionnistes. Vous avez mis le pied dans un milieu qui doit lutter ; participez au combat, organisez-vous pour trouver le temps à non seulement parcourir les bois le fusil à l’épaule, mais à aussi vivre votre passion toute l’année et de plusieurs façons.
Enfin, revenons sur les émotions. Nous vous en souhaitons de merveilleuses, modestes ou grandioses, solitaires ou partagées. Faites preuve d’un caractère positif en tout temps, car s’il est fabuleux de fêter un succès de chasse, il devient lourd de devoir accepter l’échec. C’est d’ailleurs souvent à cette occasion que l’on peut apprécier les qualités du chasseur ou déplorer ses défauts. Et vous irez taquiner le chevreuil, le chamois, le renard, la bécasse - j’espère un jour de nouveau le lièvre -  ou le sanglier avec la fierté d’avoir accompli une formation exigeante, avec succès, ce pourquoi nous vous félicitons encore.